Le métier de géomètre représente une profession stratégique au cœur de l'aménagement du territoire et de la construction. Expert en mesures et délimitations, ce professionnel joue un rôle essentiel dès les premières phases de tout projet immobilier ou d'infrastructure. Sa contribution garantit la précision des plans topographiques et la sécurité juridique des propriétés foncières, faisant de lui un acteur incontournable du secteur du BTP et de l'urbanisme.
Formation et parcours académique pour devenir géomètre
Le parcours pour accéder au métier de géomètre se décline en plusieurs niveaux de qualification, offrant différentes perspectives professionnelles. Cette progression permet aux étudiants de choisir la voie qui correspond le mieux à leurs ambitions et à leur projet de carrière dans le domaine de la topographie et de l'aménagement urbain.
Les diplômes requis du BTS au diplôme d'ingénieur
L'entrée dans la profession commence généralement par un bac pro technicien géomètre-topographe, qui constitue une première porte d'accès vers ce métier technique. Cette formation initiale permet d'acquérir les bases nécessaires en mesures de terrains et en lecture de plans. Le niveau suivant correspond au BTS géomètre-topographe, diplôme de référence pour exercer en tant que technicien géomètre. Cette formation de deux ans après le baccalauréat approfondit les connaissances en topographie, en droit foncier et en utilisation des outils de CAO et DAO. Les étudiants souhaitant poursuivre peuvent s'orienter vers une licence professionnelle spécialisée dans les travaux publics, l'aménagement du territoire ou la cartographie. Ces cursus de niveau bac plus trois permettent de développer des compétences complémentaires en géomatique et en systèmes d'information géographique. Pour accéder au titre prestigieux de géomètre-expert, une formation de niveau bac plus cinq s'impose. Trois établissements délivrent le diplôme d'ingénieur topographe reconnu pour cette profession réglementée : l'ESGT-Cnam au Mans, l'INSA à Strasbourg et l'ESTP à Cachan. Ces écoles d'ingénieurs proposent un cursus complet associant formation théorique et pratique dans tous les domaines d'intervention du géomètre-expert. L'obtention du diplôme de géomètre-expert DPLG nécessite ensuite un stage professionnel de deux ans ainsi que des modules de formation spécifiques. Ce parcours exigeant permet d'acquérir les compétences techniques et juridiques indispensables pour exercer cette profession libérale. L'inscription à l'Ordre des géomètres-experts devient alors obligatoire pour pouvoir utiliser le titre protégé et réaliser certaines missions exclusives comme le bornage.
Les écoles et établissements proposant ces formations
Le réseau de formation des géomètres en France s'appuie sur plusieurs types d'établissements complémentaires. Les lycées professionnels dispensent le bac pro technicien géomètre-topographe, première étape du parcours formatif. Ces établissements préparent les jeunes aux réalités du terrain à travers des enseignements pratiques sur les instruments de mesure et les techniques de relevés topographiques. Les sections de techniciens supérieurs proposent le BTS géomètre-topographe dans de nombreux lycées et centres de formation répartis sur l'ensemble du territoire. Cette formation accessible constitue le socle professionnel pour la majorité des géomètres en activité. Elle combine enseignements techniques, juridiques et informatiques avec des périodes de stage en entreprise qui favorisent l'insertion professionnelle. Les universités accueillent les étudiants désireux de suivre une licence professionnelle après un BTS ou un DUT. Ces formations universitaires permettent d'approfondir des spécialités comme la géomatique, les VRD ou l'aménagement du territoire. Elles préparent aux métiers de l'ingénierie topographique dans les collectivités territoriales ou les bureaux d'études. Les trois grandes écoles d'ingénieurs spécialisées constituent le sommet de la pyramide éducative dans ce domaine. L'École supérieure des géomètres et topographes rattachée au Cnam au Mans forme depuis des décennies les futurs géomètres-experts. L'INSA de Strasbourg propose une spécialisation topographie dans son cursus d'ingénieur, tandis que l'ESTP à Cachan offre également un parcours dédié à cette profession. Ces établissements prestigieux garantissent un enseignement de haut niveau associant théorie et pratique, avec des équipements de pointe en matière de géoréférencement et de nivellement. Les étudiants y développent également des compétences en maîtrise d'œuvre et en expertise immobilière qui enrichissent leur profil professionnel.
Rémunération et évolution salariale du géomètre
La profession de géomètre offre des perspectives salariales attractives qui progressent significativement avec l'expérience et le niveau de responsabilité. Les revenus varient selon le statut professionnel, qu'il s'agisse d'un poste de salarié dans un cabinet ou d'une activité libérale en tant que géomètre-expert indépendant.

Salaires en début de carrière et avec l'expérience
Un assistant géomètre ou technicien géomètre débutant perçoit généralement une rémunération comprise entre mille huit cents et deux mille euros bruts mensuels. Ce premier niveau de salaire correspond aux profils titulaires d'un BTS géomètre-topographe qui débutent dans un cabinet ou une entreprise du BTP. Ces jeunes professionnels participent aux relevés topographiques sur le terrain et à l'élaboration des plans au bureau, acquérant progressivement l'expérience nécessaire à leur montée en compétences. Le salaire moyen d'un géomètre confirmé se situe entre deux mille deux cents et deux mille cinq cents euros bruts par mois. Cette fourchette correspond à des professionnels ayant quelques années d'expérience et maîtrisant l'ensemble des techniques de mesure ainsi que les logiciels spécialisés de CAO et DAO. Leur autonomie croissante dans la gestion des dossiers et leur capacité à superviser des assistants justifient cette progression salariale. Avec davantage d'expérience, un géomètre expérimenté peut prétendre à une rémunération comprise entre deux mille cinq cents et trois mille euros bruts mensuels. Ce niveau de salaire récompense la maîtrise complète du métier, incluant les aspects juridiques liés aux propriétés foncières, la gestion de projets complexes et parfois l'encadrement d'équipes. Pour un géomètre-expert ayant réussi à obtenir le DPLG et inscrit à l'Ordre, le salaire brut mensuel démarre autour de deux mille cinq cents euros lorsqu'il est salarié d'un cabinet. Ce montant de départ reflète le haut niveau de qualification requis pour cette profession réglementée. L'évolution est ensuite très variable selon le parcours choisi, notamment pour ceux qui créent leur propre cabinet et développent une clientèle diversifiée composée de particuliers, d'acteurs publics et de professionnels du BTP.
Différences de revenus selon le statut et la région
Le statut professionnel influence considérablement les revenus dans cette profession. Un géomètre salarié bénéficie d'une rémunération fixe accompagnée des avantages sociaux classiques, mais ses perspectives d'augmentation restent liées aux grilles salariales de son employeur. Les cabinets de géomètres, les entreprises de construction et les collectivités territoriales constituent les principaux employeurs de ces professionnels salariés. Le géomètre-expert exerçant en libéral connaît une réalité économique différente. Ses revenus dépendent directement du volume de missions réalisées et de la nature de sa clientèle. Les honoraires varient selon la complexité des prestations, qu'il s'agisse de bornage, de division en volumes, de mesurage loi Carrez ou d'études d'aménagement. Un géomètre-expert associé dans un cabinet partage les bénéfices de la structure, ce qui peut générer des revenus supérieurs à ceux d'un salarié, en contrepartie d'une prise de risque entrepreneuriale. La localisation géographique joue également un rôle dans les niveaux de rémunération. Les régions à forte activité de construction et d'aménagement urbain offrent généralement des salaires plus élevés, en lien avec le coût de la vie et la densité de projets. L'Île-de-France et les grandes métropoles régionales présentent ainsi des grilles salariales supérieures à celles des zones rurales. Toutefois, les géomètres-experts installés dans des territoires moins denses peuvent compenser par une clientèle fidèle et des frais de structure réduits. Le secteur d'activité constitue un autre facteur de différenciation des revenus. Un géomètre travaillant pour l'Institut national de l'information géographique et forestière bénéficie du statut de la fonction publique avec ses spécificités salariales. Les géomètres spécialisés dans l'expertise immobilière ou la géomatique développent parfois des compétences recherchées qui valorisent leurs prestations. En deux mille vingt-trois, la France comptait mille cent six cabinets de géomètres avec un chiffre d'affaires total de neuf cent soixante-trois millions d'euros en deux mille vingt-deux, témoignant du dynamisme économique de cette profession.
Opportunités professionnelles et secteurs d'activité
Le métier de géomètre s'inscrit dans un écosystème professionnel diversifié offrant de multiples débouchés. Les compétences de ces spécialistes de la mesure et de la délimitation trouvent des applications dans de nombreux domaines, depuis les opérations foncières jusqu'aux grands projets d'infrastructure.
Les domaines qui recrutent des géomètres aujourd'hui
Les cabinets de géomètres représentent le premier employeur de la profession. Ces structures spécialisées, au nombre d'environ mille cent six en France, réalisent des missions variées pour une clientèle composée de particuliers et de professionnels. Ils interviennent sur des opérations de bornage pour résoudre des litiges de voisinage, établissent des plans topographiques pour préparer des projets de construction et accompagnent les transactions immobilières par des mesurages et des expertises en évaluation. Les entreprises du BTP constituent un autre débouché majeur pour les géomètres. Les grands groupes comme Bouygues, Eiffage et Vinci emploient ces professionnels sur leurs chantiers d'infrastructures et de construction. Les géomètres y réalisent les relevés nécessaires avant le démarrage des travaux, assurent le suivi topographique pendant l'exécution et vérifient la conformité des ouvrages réalisés par rapport aux plans. Leur intervention garantit la précision géométrique indispensable à la bonne réalisation des projets d'aménagement du territoire. Les cabinets d'architecture font également appel aux compétences des géomètres, notamment en phase d'études préalables. Les relevés topographiques permettent aux architectes de concevoir des projets parfaitement intégrés dans leur environnement, en tenant compte des contraintes du terrain et des règles d'urbanisme. Cette collaboration entre géomètres et architectes s'avère particulièrement importante pour les projets d'aménagement urbain complexes. Les collectivités territoriales recrutent des géomètres pour gérer leur patrimoine foncier et conduire leurs projets d'aménagement. Ces professionnels interviennent sur la planification urbaine, l'établissement de documents d'urbanisme et la mise en œuvre d'opérations d'aménagement foncier. Leur expertise technique et juridique aide les élus à prendre des décisions éclairées en matière d'occupation du sol et de développement territorial. L'Institut national de l'information géographique et forestière emploie des géomètres pour ses missions de cartographie et de constitution de bases de données géographiques. Ces professionnels contribuent à la production et à la mise à jour des référentiels géographiques utilisés par l'ensemble des acteurs publics et privés. Leur travail sur les systèmes d'information géographique alimente les outils de planification et de gestion du territoire. On recense environ deux mille géomètres-experts en France, professionnels habilités à fixer les limites des biens fonciers. Cette profession réglementée encadrée par la loi du sept mai mille neuf cent quarante-six bénéficie d'une exclusivité sur certaines missions, garantissant un marché protégé pour ses membres.
Perspectives d'avenir et spécialisations possibles
Les évolutions technologiques ouvrent de nouvelles perspectives pour la profession de géomètre. Le développement des drones et des techniques de photogrammétrie révolutionne les méthodes de relevés topographiques, permettant de couvrir rapidement de vastes surfaces avec une précision remarquable. Les géomètres qui maîtrisent ces technologies innovantes se positionnent avantageusement sur le marché, notamment pour les projets d'auscultation d'ouvrage et de suivi de chantiers d'envergure. La géomatique représente une spécialisation prometteuse pour les géomètres. Cette discipline qui combine géographie et informatique vise à structurer, analyser et diffuser l'information géographique. Les professionnels formés à la conception et à l'exploitation de systèmes d'information géographique trouvent des débouchés dans les collectivités, les agences d'urbanisme et les entreprises de services numériques. Leur expertise technique répond aux besoins croissants de données géoréférencées pour la gestion des réseaux, la planification territoriale et les services de localisation. La spécialisation en copropriété et division en volumes connaît un développement soutenu dans un contexte d'urbanisation dense. Les géomètres-experts interviennent sur la rédaction de documents de copropriété, la réalisation de mesurages loi Carrez et la conception de divisions volumétriques complexes pour des projets immobiliers innovants. Cette expertise juridico-technique trouve des applications dans les opérations de rénovation urbaine et de construction d'immeubles mixtes. L'expertise immobilière constitue une voie d'évolution naturelle pour les géomètres-experts. Leur connaissance approfondie du foncier et de l'immobilier leur permet de réaliser des évaluations dans le cadre de partages de biens, de successions ou de transactions. Cette activité de conseil complète utilement les missions traditionnelles de topographie et diversifie les sources de revenus des cabinets. Les missions de maîtrise d'œuvre et d'assistance à maîtrise d'ouvrage représentent un axe de développement pour les géomètres souhaitant s'investir dans le pilotage de projets. Leur expertise en VRD, en études d'impact et en procédures d'enquêtes publiques leur permet d'accompagner les maîtres d'ouvrage publics et privés dans la conception et la réalisation de leurs opérations d'aménagement. Les concours internes de la fonction publique offrent des perspectives d'évolution de carrière pour les géomètres salariés des collectivités. Ces opportunités permettent d'accéder à des postes à responsabilités dans les services techniques départementaux ou régionaux. Pour les géomètres du secteur privé, la création d'un bureau d'études ou d'un cabinet représente l'aboutissement d'un parcours professionnel, avec la possibilité de développer sa propre clientèle et de transmettre son expertise à de jeunes collaborateurs. La profession s'engage également sur des enjeux de responsabilité sociétale des entreprises et de conformité qui renforcent sa crédibilité auprès des clients. Les géomètres-experts garantissent la qualité des données, le respect des règles de l'art et une expérience client optimale, contribuant ainsi à un cadre de vie durable pour l'ensemble des usagers du territoire.



























